Avenir Light est une police épurée et élégante et appréciée des designers. Agréable à regarder, elle s'adapte parfaitement aux titres et paragraphes.

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Un dimanche sans rugby

Paul Vialard, dans son livre « Le sport » écrivait « Amateur: celui qui aime, celui qui n'agit que par amour. » Et par amour, les rugbymen Clissonnais souffrent depuis le début du confinement. Avec les nouvelles mesures, finit les entraînements du vendredi soir dans le froid hivernal et les dimanches chantant des grands derbys. Les joueurs font leur entraînement à la maison, mais que fait un supporter lorsqu'on lui retire son rendez-vous dominical?

Entre chocolat chaud, télévision et longues soirées d'hiver en confinement, les supporters de rugby se sentent bien esseulés depuis que l'interdiction de jouer s'est abattu sur le sport amateur. Comme tout le monde, ils ont dû rester cloîtrer à la maison et ne se contenter que du sport à la télé. Et heureusement, qu'elle était là la télé.

Le rugby professionnel qui a eu la chance de jouer ne nous a pas déçu. Un dimanche, assis sur un fauteuil bleu, blanc, rouge l’aficionado regardait l'équipe de France chatouiller du bout des doigts la première place du classement du tournoi des 6 nations face à l'Irlande. Deux semaines plus tard, le XV était victorieux à Murrayfield face aux redoutables Écossais, du jamais-vu depuis 2014. Deux rendez-vous qui ont donné l'occasion  aux initiés de commenter, décrypter et conseiller comme s'ils étaient Cécile Grès, au bord du terrain.

Le supporter Clissonnais a pourtant toujours autant le cœur fendu. Malgré les heures à regarder en boucle les matchs du championnat français, à avoir épluché les moindres derbys de Pro D2 et même écumé YouTube à la recherche de replay des plus beaux essais de Christophe Dominici, rien ne remplace le dimanche au Stade de la Dourie. Le bruit des placages, l'odeur du terrain et l'analyse du jeu en temps réel font parti de l'âme d'un supporter. Courir d'un bout à l'autre du stade pour suivre l'action tout en tenant fermement les pichets de bière dans les mains, est un don. Retrouver ses copains de week-end pour débriefer la semaine et faire vivre ce sport, est un plaisir. Et acheter le jeudi matin l'Hebdo Sèvre et Maine pour ne lire que la page dédiée au match du week-end, est un engagement. Et c'est tout cet attirail, cette ambiance et cette chaleur qui manque aux aficionados Clissonnais.

Pour autant, rien n'est perdu. Enfin, peut-être quelques grammes de muscles dus aux innombrables raclettes mangées en cette période hivernale. Mais rien n'est perdu.

Même si les jeunes ne pourront sûrement retrouver les terrains que début décembre, que la saison est déjà bien entamée et que le championnat passera peut-être au second plan cette année. Rien n'est perdu.

Et, même si le vestiaire se doit d'être désinfecté tous les soirs, que la logistique doit être repensée et que les entraînements se verront peut-être modifiés par les coachs. Rien n'est perdu.

Car finalement, même si les supporters ne pourront peut-être pas retrouver leur place attitrée dans les tribunes du stade et devront sans aucun doute continuer à regarder le rugby à la télé. Rien n'est perdu, car le club, lui, est toujours là.

Alors, à très vite pour de nouveaux billets

Emma LACOSTE

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