Episode 2 : La place aux jeunes

En retournant pour un nouveau week end de rugby à Clisson, je lisais sur toutes les lèvres : 80
MINUTES! J'ai donc une annonce importante. Je me dois de m'excuser au grand Dieu du rugby. Un
match dure 80 minutes seulement, distinction importante avec le footballeur du terrain de gauche, qui
lui, joue 90 minutes. C'est bon, j'ai fait mon méa culpa et, promis, je paierai des bières au prochain
match pour me faire pardonner.
Mais pour l'instant entamons le sujet du jour : la jeunesse.

 

J'avais déjà remarqué l'importance de l'Ecole de Rugby et du Pôle Jeunes pour encourager l'équipe
première le dimanche. Des deux côtés du terrain on les entendait pousser avec les premières lignes
lors des mêlées, chanter « SAC Allez allez allez » et crier lorsqu'un essai était marqué. Finalement,
ils faisaient comme les habitués un peu plus âgés du club (sans vouloir les vexer), ils soutenaient leur équipe et analysaient les choix tactiques tout en buvant un verre. Précision, pour les parents, le verre étant un soda ou un verre d'eau, bien entendu.


Mais, en se baladant ce samedi 10 octobre au Stade de la Dourie, on se rendait bien compte que la
compétition ne se jouait pas que les dimanches. Avec le match des 16 et celui des 19 en une après
midi, ni les supporters ni les coachs n'arrivèrent à préserver leurs voix pour le lendemain. Les deux
équipes avaient à cœur de remporter les matchs qui les attendaient à Clisson et ce fut chose faite. Les plus jeunes gagnèrent leur tournoi avec deux larges succès contre l'entente de la Roche sur Yon/ Saint Hilaire de Riez et Rezé. Les 19, après un match sous pression, décrochèrent une victoire sur le fil face au poids lourd de la catégorie, les vendéens de la Roche sur Yon/Saint Hilaire de Riez.


Des victoires méritées, car à des âges où les niveaux peuvent être bien différents d'une année à l'autre, les deux équipes ont offert un très bon moment aux novices, comme de la matière à travailler pour les spécialistes. Et, lorsque les gabarits eux aussi, pouvaient être inégaux, certains parents retenaient parfois leur souffle et admiraient le courage de leur fils lorsqu'il se jetait aux jambes d'un Hulk junior, trois fois plus grand que lui, pou r le faire tomber. Et oui, les coachs ne le répéteront jamais assez « PLAQUEZ AUX JAMBES! ». C'est le plus efficace.


Mais, lorsqu'on s'approche un peu plus près des jeunes joueurs clissonnais, on se rend compte que
l'équipe sur le terrain n'est pas la seule à affronter l'adversaire. Une armée de soldat défend
vaillamment ses petits jeunes pour leur permettre d'aller, au final, décrocher la victoire.

En première ligne il y a forcément les parents, donc rendons leur hommage, car ils étaient venus en nombre pour supporter les deux équipes clissonnaises ce samedi. Et, croyez le, pour les quelques uns qui découvrent ce sport comme moi, il faut un peu de courage et beaucoup de pull pour rester l'après
midi dans le froid à voir son enfant se lancer dans une course au ballon ovale. Bien que je l'admets,
on y prend vite goût...


Bien sûr, il y a les bénévoles administratifs qui, en plus de faire en sorte que les joueurs, entraîneurs
et arbitres soient au stade à la même heure, doivent gérer les petits soucis de clés, de ballons et de
sandwichs.


Et, il faut surtout les coachs sur le banc de touche. En plus de gérer des jeunes joueurs qui peuvent
parfois avoir des sorties un peu trop festives le vendredi soir, les coachs doivent leur transmettre la
technique du lancer en touche, le doigté d'un grattage au sol et la rigueur des règles du rugby.
Beaucoup de travail donc, mais les matchs de samedi ont confirmés ce que tout le monde savait déjà,
cette année, les jeunes sont entre de bonnes mains.
Mais, encore bien plus important que la technique purement rugbystique, ils ont un rôle humain. Ils
transmettent les valeurs de respect, de courage et d'abnégation indispensables à ce sport. Ils
enseignent l'entraide, la cohésion de groupe, le sens des responsabilités et les guident pour être des
meilleurs joueurs mais aussi des meilleurs coéquipiers.


Du coup, quand ces jeunes grandiront, ils oublieront (peut-être) la technique d'un lancer en touche,
mais ils n'oublieront sûrement pas qu'ils ont tout donné sur un terrain pour leur club, leur coach et
leur équipe. Et c'est là où le club de Clisson pourra avoir le sentiment du devoir accompli.